• Mercosur: le traité de libre commerce continue, les bombes sur Gaza aussi

    Source: Resumen Latinoamericano y del Tercer Mundo, 2 août 2014

     

    Gerardo Szalkowicz/Marcha - La tiède déclaration du MERCOSUR sur le massacre à Gaza confirme la validité du pouvoir coercitif du lobby sioniste et comment le TLC entre le bloc et Israël continue à être actif dans l'ombre. Le Venezuela et la Bolivie, uniques exceptions de dignité dans la région.

    Scène 1: Montevidéo, 18 décembre 2007. Après plus de 2 ans de négociations, les pays membres du MERCOSUR (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, le Venezuela n'en faisait pas partie alors) signent le Traité de Libre Commerce (TLC) avec l'Etat d'Israël. C'était le premier TLC que cet organisme signait avec un pays hors d'Amérique Latine depuis sa création en 1991.

    L'accord stipulait l'élimination graduelle des droits de douane, la libération immédiate de certains produits et promettait de doubler les échanges commerciaux entre les parties. Qu'est-ce que cet échange? D'ici à là circulent principalement du grain et des céréales alors qu'Israël nous apporte des produits chimiques pour l'agriculture, des logiciels et d u matériel de guerre.

    Scène 2: Caracas, 28 juillet 2014. Après 20 jours de bombardement par l'armée israélienne, et déjà avec plus de 1 300 Palestiniennes et Palestiniens assassinés - en majorité des civiles - les présidents du MERCOSUR émettent le premier communiqué conjoint à ce sujet dans le cadre du XLVI° Sommet. Malgré la position ferme que vient de prendre le Gouvernement vénézuélien, dans le communiqué, c'est l'empreinte tiède et ambigüe des autres qui l'emporte. Le texte concis, plein d'euphémismes et de lieux communs - et très semblable à celui émis par la chancellerie argentine 8 jours auparavant - commence en disant que les présidents "ont condamné énergiquement l'usage disproportionné de la force de la part de l'armée israélienne dans la Bande de Gaza, qui affecte en majorité des civils, y compris des enfants et des femmes. Ils ont condamné également tout type d'actions violentes contre des populations civiles en Israël."

    De plus, plus loin que cette rhétorique pour la tribune, ils ne définissent aucune action concrète destinée à interpeler le Gouvernement d'Israël, à peine un appel - la déclaration suit - "à la Communauté Internationale pour exercer la pression adéquate en faveur d'un cessez-le-feu durable et d'une rapide restauration du dialogue comme unique sortie du conflit."

    Comment peut-on expliquer qu'à ce niveau, le déroulement d'un génocide s'accompagne de tant d'indifférence et qu'on continue d'en appeler à la théorie des deux démons? Peut-être la scène 1 peut-elle apporter certaines pistes. Du TLC, au moins publiquement, on ne dit pas un mot sur la scène 2. Malgré la demande qui a été faite aux présidents depuis le 16° Sommet Social du MERCOSUR qui s'est tenu préalablement au sommet officiel, sa continuité n'est pas mise en doute.

    Le cas du Brésil est symptomatique. Ces derniers jours, Dilma Roussef avait condamné "l'usage disproportionné" de la force de la part d'Israël et appelé pour consultation son ambassadeur à Tel Aviv, ce qui lui a valu le qualificatif de "nain politique" de la part d'un porte-parole israélien. A tout hasard, Dilma déclara clairement que "les relations ne seraient pas rompues".

    Mais derrière ce passage diplomatique, on entend "la vérité de l'escalope à la milanaise": le Brésil est le principal partenaire commercial d'Israël dans la région. Selon un rapport de l'organisation Stop The Wall, ces 12 dernières années, l'échange entre les deux pays a atteint le billion de dollars. Le secteur principal, les machines de guerre. Avec l'achat de véhicules blindés, d'avions d'attaque A-1, de satellites, de capteurs, d'avions sans pilote, etc, le Brésil est devenu le 5° plus important importateur d'armement israélien.

    Plus que des déclarations, des actes.

    En marge des discours et des communiqués, seuls les gouvernements du Venezuela et de la Bolivie conservent une position de solidarité active avec le peuple palestinien. Ce mercredi, Evo Morales a déclaré Israël "Etat terroriste" et aa annoncé qu'il va commencer à exiger des visas pour ses citoyens. "Le gouvernement d'Israël ne respecte ni les principes de la Charte des Nations Unies ni la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Ces précédents s'ajoutent à la longue liste d'abus et de crimes qu'il commet contre l'humanité", a argumenté Morales qui vient de qualifier l'action israélienne de génocide.

    Au Venezuela, ce jeudi, leprésident Nicolas Maduro a annoncé la création d'une maison abri pour mettre à l'abri les enfants de Gaza blessés et orphelins. Enveloppé dans un foulard palestinien, il s'est demandé: "L'humanité va-t-elle rester les bras croisés devant l'extermination du peuple palestinien?"

    La veille, la chancellerie de ce pays a ouvert ses portes comme entrepôt d'aide humanitaire pour le peuple de Gaza. Le chancelier Elias Jaua a expliqué: "Peut-être cela n'adoucira pas la tragédie qui est en train d'avoir lieu mais c'est un geste d'un peuple frère pour les milliers d'hommes et de femmes qui sont massacrés par Israël." Un chargement de médicaments, d'aliments, de couvertures, etc... sera amené la semaine prochaine par l'Aviation Militaire vénézuélienne en Palestine.

    Le Venezuela e tla Bolivie sont les uniques pays du continent qui ont rompu leurs relations diplomatiques avec Israël. Tous les deux en 2009, pendant une autre escalade guerrière à Gaza.

    En plus du Brésil, les gouvernements du chili, du Pérou, de l'Equateur et du Salvador ont appelé leurs ambassadeurs en Israël pour consultation. Mais aucune rupture des relations diplomatiques et encore moins commerciales.

    Alors que l'indignation et les mobilisations populaires se multiplient dans le monde entier, le lobby sioniste continue de démontrer son énorme pouvoir d'influence dans toutes les sphères du pouvoir, y compris sur les gouvernements qui se proclament progressistes. Par là passe aussi, une partie de l'immunité qui enveloppe Israël pour continuer à avancer dans l'extermination du peuple palestinien.

    Traduction: Françoise Lopez (Cuba Si france Provence)

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